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Extraits du Chapitre 2

Publié le par Sylvie

Donnez votre avis sur le livre " Vers un nouvel exercice du pouvoir ", ou sur l'extrait !

Prendre conscience de son souffle

Vous en conviendrez, parce que le manager insuffle, son souffle est d’autant plus précieux : « Expire, Inspire, Respire… ». Je vous propose d’aborder ces trois temps forts qui nous rythment et d’apprécier l’intérêt de les décomposer parfois pour réajuster le mouvement ou choisir son rythme.

En tant que coach, mon accompagnement consiste d’abord à accueillir cet expire, dans un espace bienveillant qui ne juge pas. C’est par cette étape d’expire que nous devrions tous commencer à faire de la place pour aller mieux. Or, pour aller plus vite, nous avons tous tendance à l’escamoter, à faire le plein sans avoir fait le vide, ce qui nous fait perdre notre sens de gravité. Ce temps, ou cet espace d’expire, est indispensable pour nettoyer nos filtres usagés,  ceux qui opèrent à longueur de temps dans leur travail de sélection, d’interprétation, de discernement des informations. Comme l’indique mon tableau, cette expiration procède du « dire »,  de l’« exprimer »,  du « décristalliser », du « souffler », du « vider », du « lâcher »… pour « faire de la place » et révéler autre chose d’enfoui en dessous.

Cette étape est l’inverse du « retenir » (tenir encore), et c’est parce qu’on a déjà fait cette place, qu’on peut alors justement avoir accès à ce qui se cache derrière. Quand les trop pleins submergent, ils débordent et lâcher l’accumulation coûte alors au pro-rata des empilements ! Expirer plus souvent permettrait sans doute de ne pas tout laisser tomber quand il est trop tard !

C’est donc très logiquement parce que l’expire a eu lieu, que peut alors commencer, « proprement », l’inspire.

Dans mon métier de consultante, ou de coach, j’observe trop souvent que beaucoup « inspirent » plus vite qu’ils n’expirent et pensent respirer en ne faisant qu’inspirer, ce qui, naturellement, a tendance à les asphyxier. En les privant de l’attention à être présent à leurs temps de respiration, ils se privent du risque authentique d’enchantement que ceux-ci génèrent. Pour illustration, lors de séminaires de professionnalisation managériale, je constate chez un nombre croissant de participants, pourtant volontaires et demandeurs, la superposition de plusieurs temps et espaces en un même lieu et temps. Ainsi, par exemple en consommant à qui mieux mieux des formations professionnelles sans même avoir expiré avant leurs trop pleins, les bénéficiaires n’ont pas ou plus de place quand le fruit arrive, ils n’ont même souvent pas de place pendant que celui-ci tente d’arriver. Les symptômes sont nombreux et vous les connaissez bien. Pourtant, on ne peut pas vraiment apprendre quand on n’accepte pas d’accueillir pleinement, d’oser désapprendre. Car on ne peut pas non plus vraiment écouter dehors, quand on reste pré-occupé dedans, quand on retient son idée ou quand on ne fait pas silence,  qu’on ne laisse pas de place, bref… on ne peut pas vraiment être ici quand on est là.

Plus que plus n’apporte pas plus, et finit vite par apporter moins. Dégager de l’espace pour se mettre en capacité de recevoir les graines de transformation devrait prévaloir sur le fait de superposer ou de tasser les contenus. C’est la raison pour laquelle je m’intéresse à ce que j’appelle l’accueillabilité. C’est en quelques sortes, notre capacité pro-active à nous mettre au service des sillons que nous avons tracé pour recevoir. Et d’ailleurs, bon sens oblige,  comment procéder autrement pour recevoir ses graines ?

Il y a ainsi une compétence que j’apprécie tout particulièrement et dont on ne parle pas souvent, c’est justement celle de savoir recevoir. Ce n’est pas donné à tout le monde de se rendre formable, coachable, adaptable, aimable (fertile, en somme) ni de savoir capter l’enseignement partout où il se niche, c’est une forme de perméabilité, déjà porteuse d’une forte maturité à faire croître. Un proverbe dit « Quand l’élève est prêt, le maître apparaît »… c’est bien le sujet ! Pour les DRH ou ceux qui commandent les actions de développement des personnes et des équipes, il y aurait beaucoup d’économies et de retours sur investissements si l’on s’attachait à davantage préparer le terrain des personnes ou des équipes, qu’à semer trop vite à tout va.

Après l’expire, nous voyons donc comment se prépare l’inspire. Il s’agit ici sur cette deuxième étape, de prendre ce qu’il y a à prendre pour s’en emplir. Nous l’avons évoqué, comment inspirer juste en effet, si l’expire n’a pas déjà vidé les résidus, n’a pas permis de lâcher l’excédent ? Mes accompagnements accueillent ces « trop » (comme d’ailleurs les manques), et amènent à faire respirer en conscience pour bouger autrement avec l’air intégré, plus librement dans l’espace revisité, et plus durablement, c’est-à-dire à la fois plus en justesse, et là où le mouvement est requis. Et parfois, il s’agit même d’oser changer d’air. Tout ceci est à prendre au sens figuré comme, aussi, au sens propre. Ces métaphores sont, en quelques sortes, des « simplexifications » .

Bref, il est important pour notre santé psychique de respirer l’air que nous choisissons, ou a minima, celui que nous acceptons de prendre en nous un temps donné. Respirer est ce qui rythme et fait avancer le véhicule dont nous disposons. Pas question, d’escamoter l’inspire pour aller plus vite, ni de ressasser que l’air devrait être comme ci ou comme ça, de comparer sa portion d’air à celle du voisin, de regretter le temps où l’air était meilleur, d’envier les airs d’ailleurs ou de se dire que « si l’ère était plus porteuse… ».  Car en le faisant, nous nous priverions du précieux air du présent d’ici, et en nous déconnectant à notre respiration, nous nous débrancherions du courant du réel.

Retenons donc, d’être attentifs, de savoir habiter l’instant, pour trouver son rythme, pour s’intégrer à la danse, et sachons ralentir, poser, savourer, partager, accélérer en visant toujours plus de justesse. Sur un plan quantique, on pourrait dire qu’il s’agit de viser : le plus « beau », le plus « propre », le plus « simple », le plus fluide en somme pour progresser dans le progrès.

Vous l’avez compris, par cela, l’hygiène de soi (du Soi) commence par l’importance que nous donnons à notre souffle de vie, celui qui nous rend propres à nous, en capacité de devenir managers de nous-mêmes, et de décider de faire de la place pour dessiner les chemins de nos desseins, devenir acteurs libres et responsables de nos vies.

Visualiser son mécanisme d’épanouissement ou d’asphyxie

Pour poursuivre cette image de la respiration, je vous propose maintenant…
de visualiser ce dont vous vous emplissez (informations, pensées, émotions, responsabilités…),

  • est-ce aidant pour vous par rapport à ce qui vous occupe en ce moment ?
  • comment digérez-vous ce que vous avez ingéré ? Qu’en faites-vous ?  
  • comment l’expulsez-vous ensuite ? où ?…
  • visualisez à présent le résultat que vous avez obtenu (produit…), vous convient-il? Sinon, réajustez les phases précédentes.
  • maintenant, lâchez les excédents (allégez-vous des « trop », mais aussi, exprimez vos bonnes idées en plus),

laissez-vous enfin transformer par vos expériences et connaissances, car en vous habitant, elles ont cultivé le terreau qui vous fait grandir.

 

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Sylvie a aimé...

Publié le par Sylvie

Philippe GERAUD est un artiste original qui sait décaler nos perceptions et attirer nos regards ailleurs... à moins qu'il ne nous aide à penser autrement !

 

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Mon dernier interview sur le livre

Publié le par Sylvie

Interview par Frédéric BRILLET, de Sylvie de FREMICOURT à propos de son dernier ouvrage, (Extra-muros – janvier 2018)

 

  • Dans votre ouvrage « Vers un nouvel exercice du pouvoir » (EMS), vous parlez de pouvoir déplacé, de changement de forme, mais qu'est-ce qui vous a amené à écrire ce livre ?

Dans cette agitation qui trouble nos regards sur ce qui passe et se passe, j’ai eu envie de saisir le temps de l’écriture pour témoigner des courants qui traversent nos organisations, et nos façons d’y exercer le pouvoir. Ce partage d’expériences et ces « photos » prises sur le vif cherchent à engager le lecteur en liberté et responsabilité dans la voie qu’il décide de prendre, ou de faire prendre. Mais savoir se situer dans sa propre dynamique et se donner les moyens d’agir requiert de s’appuyer sur des méthodes de prise de conscience que j’évoque dans cet ouvrage.

  • Alors, selon vous, comment évolue l'exercice du pouvoir en entreprise?

Vaste question… Tout d’abord une remarque: l’exercice de ce pouvoir se trouve naturellement impacté par  une vague de nouveaux paradigmes transformants qui nous font évoluer vers une société post-moderne. Tous ces flux nous amènent à nous réinterroger sur la vocation du travail, de l’entreprise, de notre place dans la société et des relations de pouvoir nécessaires. La disruption digitale a encore renforcé les exigences de rapidité et de productivité, mais ce n’est pas une raison pour ne pas décider nous-mêmes d’où nous voulons aller, comment et pourquoi.

Et si le pouvoir n’a pas forcément changé de mains, il change profondément de forme. Et à terme, c’est par ce changement de forme, qu’il finira par changer de mains. Au sommet de la pyramide, les dirigeants d’entreprises fonctionnent encore en mode vertical mais sous le plafond de verre, la situation évolue: les managers, les cadres intermédiaires  fonctionnent de plus en plus en mode projet ou matriciel. Les dirigeants favorisent ce travail en mode circulaire ou horizontal, car il apporte  de la proactivité, de la réactivité, mais ils n’hésitent pas à reprendre la main en cas de problème ou de virement stratégique. Quand la verticalité du pouvoir impose l’arrêt ou la réorientation d’un projet géré jusque là de manière autonome et horizontale par les strates intermédiaires, ce sont alors souvent des injonctions paradoxales qui émergent : « on me suggère de faire comme je l’entends, puis on m’intime l’ordre de m’en tenir aux ordres, où est le sens et quel est mon rôle ?... » 

Autre élément de changement : hier on fabriquait ce que l’on connaissait et on pouvait toucher les personnes avec lesquelles on interagissait. Aujourd’hui, avec internet et la financiarisation, le bien comme le lien se sont dématérialisés et dépersonnalisés. C’est pourquoi il est important de savoir revenir à qui l’on est, décider de ce que l’on choisit de devenir. Car, on se façonne soi-même par ce que l’on fait et par la manière dont on le relie. En cela, le travail est un processus identitaire fondamental.

  • On parle aussi beaucoup des robots. Que va demain changer l’Intelligence Artificielle (IA)  à l’exercice du pouvoir?

Elle fera poindre de nouveaux défis. Demain, non seulement des humains piloteront des systèmes d’IA, mais ces derniers manageront aussi des hommes. Cela se fait déjà dans certains projets industriels complexes où des logiciels distribuent les tâches en fonction des compétences et disponibilités des humains, recommandent et contrôlent les délais et normes de qualité.  Les intelligences humaines et artificielles seront amenées à se coordonner et cette cohabitation génèrera sans nul doute de nouvelles injonctions paradoxales. Entre les robots dotés d’un sens rationnel et des humains qui intègrent le facteur émotionnel et politique dans leurs interactions et prises de décisions, il y aura forcément des frictions. 

  • Et qu'est-ce que les nouvelles générations vont aussi changer à l'exercice du pouvoir?

Elles cherchent aujourd’hui de nouvelles voies et, contrairement aux précédentes, ne font pas allégeance à la hiérarchie ou à l’entreprise en tant que telle. Ce sont les projets, les possibilités d’exercer un  métier intéressant qui forgent leur fierté d’appartenance et leur motivation. Les nouvelles générations ont besoin que le management les inspire, donne du sens, les nourrisse, et pour cela qu’il soit cohérent, partage sur des projets où chacun apprend. Ils veulent du pragmatisme, avec l’utilisation de nouveaux moyens pour travailler à distance, plus d’autonomie et moins de présentéisme. Ils souhaitent pouvoir accéder régulièrement à des formations professionnalisantes pour développer leur employabilité.

  • J’aimerais aborder avec vous l'exigence de Responsabilité Sociale, que change-t-elle à l'exercice du pouvoir?

Aujourd’hui, la responsabilité sociale vis-à-vis des collaborateurs passe beaucoup par le préventif et par le souci croissant qu’affichent les organisations de la qualité de vie au travail (QVT), le « bonheur » étant un mot excessif. Des bureaux et un cadre de travail agréables, voire ludiques, participent d'un bon exercice du pouvoir car ils témoignent de la prise en compte des besoins des collaborateurs dans cet espace de vie, et cela, en retour, leur donne envie de s’impliquer plus ou mieux. D’où l’importance des aménagements qui favorisent la communication, cassent les barrières hiérarchiques : canapés, bulles confort, baby foots, bombecs….

  • Le 2ème chapitre est entièrement consacré au « savoir se ressourcer », pourquoi  recommandez-vous aux managers de savoir aussi s’arrêter?

Prendre le temps de s'arrêter permet de voir plus large ou plus haut, de s’aérer, ou de faire un pas de côté, et amène à se poser les bonnes questions plutôt que foncer sur des solutions toutes faites. C’est un temps qui peut être très bref, mais indispensable à l’agilité attendue. C’est ce qui permet de différencier un problème d’une préoccupation, de clarifier la place qu’on y occupe et de solutionner plus en justesse ce qui relève du dehors ou de soi-même. Malheureusement notre époque, en se focalisant sur la vitesse, génère trop souvent des amalgames, projections, réactions qui, au final, font régresser. Ralentir est ainsi nécessaire pour discerner, puis, relier (dedans-dehors), et réassocier en conscience et liberté. C’est un processus qui favorise  la fluidité, l’innovation et le « faire autrement ». Et ce sont ces comportements individuels et collectifs qui contribueront à la performance des nouvelles organisations mouvantes et enclencheront des cercles vertueux de progrès.  

  • Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les compétences que doivent acquérir les managers  pour diriger et manager demain?

Le nouveau pouvoir consiste à savoir faire bouger l’autre, d’où il est et avec ce qu’il a, vers ce que l’on veut. Pour y parvenir, il faut savoir le prendre en compte, l’attirer, le stimuler et lui permettre de s’enrichir par sa propre contribution au système. Une roue de progrès en nourrit une autre. Cela requiert de la confiance, de la bienveillance et du respect, tout en restant en permanence rivé sur  le projet ou l’enjeu. Dans mon livre, je parle des spécifications du nouvel agir et développe ces aspects.

  • En conclusion, comment s'exercera demain le pouvoir dans les organisations?

Il s’agira de s’adapter et de se préserver sans cesse pour progresser. Il faudra entreprendre et entretenir un profond travail sur soi pour parvenir à cette agilité. Demain  nombre d’entreprises se transformeront en  gigantesques plateformes autour desquelles graviteront des hommes et des compétences, regroupés au gré des projets spécifiques, ouverts ou mutualisés. Le nombre d’actifs dotés  d’un statut d’indépendants va exploser et les rôles de client-fournisseur, patron-collaborateur seront interchangeables en fonction des nécessités… ou des hasards !    

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Un dernier article est paru sur mon récent ouvrage

Publié le par Sylvie

Un dernier article est paru sur mon récent ouvrage « Vers un nouvel exercice du pouvoir » (Eds EMS).

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La formation à présent

Publié le par Sylvie

Aujourd'hui, quelques mots sur les évolutions du sens de la Formation.

Soyez-y attentifs !...

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Métier de coach

Publié le par Sylvie

Aujourd'hui, on parle du Métier de coach, et aussi, de la compétence coach, ou d'une compétence additionnelle de coaching à un autre métier. La distanction est cruciale et je vous laisse lire nos réflexions et positions, alors que le RNCP et l'Inventaire cadrent et organisent aujourd'hui les pratiques dans le sens d'une clarification pour les intervenants, les bénéficiaires et les entreprises clientes.

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Evénement RNCP chez Agophore. Présentation du dernier livre de Sylvie

Publié le par Sylvie

Pour info, voici notre dernier événement, que je suis heureuse de vous faire partager...

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Evénement !

Publié le par Sylvie

Le 25 janvier a rassemblé des coachs, des élèves et des coachés pour célébrer les 20 ans d’Agophore, la reconnaissance RNCP de la certification et lancement de mon dernier livre.

 

Cliquez ici :

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Article publié depuis Overblog et Facebook et LK

Publié le par Sylvie

Attention !

Il reste encore quelques places pour la

formation professionnelle de coach, RNCP, diplôme d'Etat.

Regardez vite le programme et les dates, et contactez-nous pour toute information (contenu, niveau, financement...).

A très vite !

Prochaine promotion pour devenir COACH(E) PROFESSIONNEL(LE)

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Déjà dans vos librairies !

Publié le par Sylvie

 

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