Médiation ?...

Publié le par Sylvie

Les complexités, paradoxes et rapidités de mise ou démises en places des organisations, mènent souvent à des conflits larvés… ou ouverts. 

La médiation fait partie de mes pratiques…

On m’interroge souvent sur la manière dont je fais travailler 2 personnes à partir d’un conflit. Alors, dans les traces de mon dernier livre, il peut être intéressant en effet d’évoquer à présent cette question...

 

Pour moi, le conflit témoigne déjà du fait qu’il y a une confrontation (ouverte ou larvée) autour de limites d’un même apparent centre d’intérêt.

La bonne nouvelle est qu’il y a là des matériaux de transactions, alors que le désintérêt complet, lui, est plus difficile à traiter.

 

Pour ce qui est des relations, la divergence entre les acteurs porte généralement sur des contradictions d’objectifs, de valeurs, de méthodes, de rôles, de statuts, ou d’intérêts spécifiques.

Pour ce qui est des émotions, la divergence porte sur les représentations de l’état présent, passé ou futur sur lesquels il faudra ensemble se caler sur : état présent-état désiré, et bien intégrer les égos en jeu. 

De fait, deux personnes ne font pas forcément un binôme, pas plus d’ailleurs, qu’un groupe de personnes ne ferait  automatiquement une équipe !

 

Aussi, est-il indispensable en préalable de faire exprimer par chacun en quoi consiste la més-entente, puis, caler les attentes et les enjeux réciproques.

Pour qu’un binôme produise de la valeur ajoutée, il faut que la mayonnaise  prenne et que les valeurs se respectent et se conjuguent.

Pour cela, il convient de spécifier les faits retenus de part et d’autre, de clarifier les représentations de ce dont il s’agit, en classant les informations relevant du « processus » de communication, de régulation comportementale, ou celles relevant du « contenu ». Le « bon sens » de chacun, depuis le rôle professionnel qu’il tient dans l’organisation, avec la volonté stratégique et le cadre du cadre.

A partir de cela, il convient de faire préciser la place que chacun se figure tenir dans le problème soulevé, et celle qu’il souhaiterait prendre, c’est essentiel pour déceler les vrais nœuds du blocage. A cela, il conviendra de ne pas oublier de faire détecter les ressources que chacun finalement actionne pour dysfonctionner, car ce sont en réalité justement ces mêmes ressorts qui vont pouvoir être sollicités pour faire réussir le système.

Se dégage alors aisément chez les intéressés, l’idée que l’on peut avoir + à gagner si l’on accepte de perdre quelque chose, la question est bien sûr du « quoi ». Mon rôle peut même aussi consister à faire mettre le doigt sur ce que la problématique en soi peut elle-même avoir à perdre ou à gagner si les comportements s’ils changent, ou s’ils perdurent...

Ce recentrage situationnel, parce qu’il y a eu des décentrages interpellants, remet généralement, par la bienveillance et la neutralité que j’installe, les pendules à l’heure du continent concerné !...

Tout est question de temps et de territoire… C’est l’art de la paix !

 

Et à écouter ainsi les formes qui se dessinent, à créer des alliances « avec », ou à satisfaire les besoins des parties qui taraudent chaque acteur impliqué… voici que s’apaise la situation et se dégagent les vrais questions à traiter.

 

Tout cela va occuper… et non plus pré-occuper…, et c’est là que la construction du binôme se réalise.

Ce qui est essentiel c’est donc, de bien poser le cadre, de cerner les nœuds, de faire partager un socle commun de constats et de souhaits, tout en prenant en compte les représentations de chacun et en amenant toujours à respecter « en face » ce qui n’est pas partagé « ici ». On amène ainsi avec les « raisons » des uns, comme avec les « émotions » des autres, à co-construire des solutions pour résoudre le problème commun et traiter indirectement, par boucles rétroactives, les dégâts collatéraux, qu’ont engendré les préoccupations.

Ce travail de médiation mène à des engagements dont le garant du cadre que je suis guide scrupuleusement les étapes du bon déroulement.

 

Il y a presque toujours assez de ressources et d’envies pour pouvoir envisager un bout de route ensemble, car ce qui fait gagner l’un ne fait par forcément perdre l’autre, et vice versa.

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